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Λέων καὶ λύκος καὶ ἀλώπηξ. (Αἴσωπος)

Le Lion, le Loup, et le Renard The Lion, the Wolf, and the Fox
Jean de La Fontaine George Fyler Townsend
French English
Un Lion décrépit, goutteux, n'en pouvant plus,
Voulait que l'on trouvât remède à la vieillesse :
Alléguer l'impossible aux Rois, c'est un abus.
Celui-ci parmi chaque espèce
Manda des Médecins ; il en est de tous arts :
Médecins au Lion viennent de toutes parts ;
De tous côtés lui vient des donneurs de recettes.
Dans les visites qui sont faites,
Le Renard se dispense, et se tient clos et coi.
Le Loup en fait sa cour, daube au coucher du Roi
Son camarade absent ; le Prince tout à l'heure
Veut qu'on aille enfumer Renard dans sa demeure,
Qu'on le fasse venir. Il vient, est présenté ;
Et, sachant que le Loup lui faisait cette affaire :
Je crains, Sire, dit-il, qu'un rapport peu sincère,
Ne m'ait à mépris imputé
D'avoir différé cet hommage ;
Mais j'étais en pèlerinage ;
Et m'acquittais d'un voeu fait pour votre santé.
Même j'ai vu dans mon voyage
Gens experts et savants ; leur ai dit la langueur
Dont votre Majesté craint à bon droit la suite.
Vous ne manquez que de chaleur :
Le long âge en vous l'a détruite :
D'un Loup écorché vif appliquez-vous la peau
Toute chaude et toute fumante ;
Le secret sans doute en est beau
Pour la nature défaillante.
Messire Loup vous servira,
S'il vous plaît, de robe de chambre.
Le Roi goûte cet avis-là :
On écorche, on taille, on démembre
Messire Loup. Le Monarque en soupa,
Et de sa peau s'enveloppa ;
Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire :
Faites si vous pouvez votre cour sans vous nuire.
Le mal se rend chez vous au quadruple du bien.
Les daubeurs ont leur tour d'une ou d'autre manière :
Vous êtes dans une carrière
Où l'on ne se pardonne rien.
A LION, growing old, lay sick in his cave. All the beasts came to visit their king, except the Fox. The Wolf therefore, thinking that he had a capital opportunity, accused the Fox to the Lion of not paying any respect to him who had the rule over them all and of not coming to visit him. At that very moment the Fox came in and heard these last words of the Wolf. The Lion roaring out in a rage against him, the Fox sought an opportunity to defend himself and said, "And who of all those who have come to you have benefited you so much as I, who have traveled from place to place in every direction, and have sought and learnt from the physicians the means of healing you?' The Lion commanded him immediately to tell him the cure, when he replied, "You must flay a wolf alive and wrap his skin yet warm around you." The Wolf was at once taken and flayed; whereon the Fox, turning to him, said with a smile, "You should have moved your master not to ill, but to good, will."


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