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Les Souhaits (Jean de La Fontaine)

The Maiden Les Souhaits
Frederick Colin Tilney Jean de La Fontaine
English French

A certain damsel of considerable pride made up her mind to
choose a husband who should be young, well-built, and handsome; of
agreeable manners and—note these two points—neither cold nor jealous.
Moreover, she held it necessary that he should have means, high birth,
intellect; in fact, everything. But whoever was endowed with everything?

The fates were evidently anxious to do their best for her, for they sent
her some most noteworthy suitors. But these the proud beauty found not
half good enough. "What, men like those! You propose them for me! Why
they are pitiable! Look at them—fine types, indeed!" According to her
one was a dullard; another's nose was impossible. With this it was one
thing; with that it was another; for superior people are disdainful
above all things.

After these eligible gentlemen had been dismissed, came others of less
worth, and at these too she mocked. "Why," said she, "I would not bemean
myself to open the door to such. They must think me very anxious to be
married. Thank Heaven my single state causes me no regrets."

The maiden contented herself with such notions until advancing age made
her step down from her pedestal. Adieu then to all suitors. One year
passed and then another. Her anxiety increased, and after anger came
grief. She felt that those little smiles and glances which, at the
bidding of love, lurk in the countenances of fair maidens were day by
day deserting her. Finally, when love himself departed, her features
gave pleasure to none. Then she had recourse to those hundred little
ruses and tricks of the toilet to repair the ravages of time; but
nothing that she could do arrested the depredations of that despicable
thief. One may repair a house gone to ruin: but the same thing is not
possible with a face!

Her refined ladyship now sang to a different tune, for her mirror
advised her to take a husband without delay. Perhaps also her heart
harboured the wish. Even superior persons may have longings! This one at
last made a choice that people would at one time have thought
impossible; for she was very pleased and happy in marrying an ugly
cripple.

Il est au Mogol des follets
Qui font office de valets,
Tiennent la maison propre, ont soin de l'équipage,
Et quelquefois du jardinage.
Si vous touchez à leur ouvrage,
Vous gâtez tout. Un d'eux près du Gange autrefois
Cultivait le jardin d'un assez bon Bourgeois.
Il travaillait sans bruit, avait beaucoup d'adresse,
Aimait le maître et la maîtresse,
Et le jardin surtout. Dieu sait si les zéphirs
Peuple ami du Démon l'assistaient dans sa tâche !
Le follet de sa part travaillant sans relâche
Comblait ses hôtes de plaisirs.
Pour plus de marques de son zèle,
Chez ces gens pour toujours il se fût arrêté,
Nonobstant la légèreté
A ses pareils si naturelle ;
Mais ses confrères les esprits
Firent tant que le chef de cette république,
Par caprice ou par politique,
Le changea bientôt de logis.
Ordre lui vient d'aller au fond de la Norvège
Prendre le soin d'une maison
En tout temps couverte de neige ;
Et d'Indou qu'il était on vous le fait lapon.
Avant que de partir l'esprit dit à ses hôtes :
On m'oblige de vous quitter :
Je ne sais pas pour quelles fautes ;
Mais enfin il le faut, je ne puis arrêter
Qu'un temps fort court, un mois, peut-être une semaine,
Employez-la ; formez trois souhaits, car je puis
Rendre trois souhaits accomplis,
Trois sans plus. Souhaiter, ce n'est pas une peine
Etrange et nouvelle aux humains.
Ceux-ci pour premier voeu demandent l'abondance ;
Et l'abondance, à pleines mains,
Verse en leurs coffres la finance,
En leurs greniers le blé, dans leurs caves les vins ;
Tout en crève. Comment ranger cette chevance ?
Quels registres, quels soins, quel temps il leur fallut !
Tous deux sont empêchés si jamais on le fut.
Les voleurs contre eux complotèrent ;
Les grands Seigneurs leur empruntèrent ;
Le Prince les taxa ! Voilà les pauvres gens
Malheureux par trop de fortune.
Otez-nous de ces biens l'affluence importune,
Dirent-ils l'un et l'autre ; heureux les indigents !
La pauvreté vaut mieux qu'une telle richesse.
Retirez-vous, trésors, fuyez ; et toi Déesse,
Mère du bon esprit, compagne du repos,
O médiocrité, reviens vite. A ces mots
La médiocrité revient ; on lui fait place,
Avec elle ils rentrent en grâce,
Au bout de deux souhaits étant aussi chanceux
Qu'ils étaient, et que sont tous ceux
Qui souhaitent toujours et perdent en chimères
Le temps qu'ils feraient mieux de mettre à leurs affaires.
Le follet en rit avec eux.
Pour profiter de sa largesse,
Quand il voulut partir et qu'il fut sur le point,
Ils demandèrent la sagesse :
C'est un trésor qui n'embarrasse point.