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Author: Charles Bailleul - 2010

Translated into French
  by Charles Bailleul - 2010

Original title (Bambara):
Donokɔrɔnin ani namakɔrɔba

Country of origin: Mali

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Le coq et l'hyène

Charles Bailleul

Un jour, le coq se lève, pressé par la faim. Il part se promener à la recherche de nourriture. De son côté, l'hyène aussi se lève pour trouver de quoi manger. Ils finissent par se rencontrer et s’avouent l’un à l’autre le but de leur promenade. L'hyène dit alors au coq:

- Ah ! Petit frère, si toi tu es un animal domestique, moi, je suis de la brousse sauvage. J’ai très faim et je crois que mon petit déjeuner est tout trouvé. Je vais à l’instant te croquer en guise de petit déjeuner.

Le coq répond:
- Hum ! Tu ne m’as pas encore attrapé!

Et la poursuite commence... L'hyène court après le coq et quand elle croit l’attraper, le coq s’envole et s’en va se percher en haut d’un arbre. L'hyène ne sait que faire. Elle interpelle le coq:

- Coq, tu ne descends pas, ton père vient de mourir.

- Même si mon père est mort, répond le coq, j’ai encore l’ami de mon père. Je me confierai à lui.

- Coq, ton père est bien mort de même que l’ami de ton père. Descends!

- Ah ! Tu dis que mon père et l’ami de mon père sont morts, mais j’ai encore ma mère là-bas. Je peux compter sur elle.

- Petit frère coq, ta mère aussi vient de décéder. Tu ne descends pas?

- Bah ! Il y a là-bas l’amie de ma mère. Elle ne va pas me laisser tomber.

- Coq, descends car l’amie de ta mère n’est plus de ce monde.

- Ah ! J’ai encore mon grand frère, il ne refusera pas de m’aider.

- Descends, coq, car ton grand frère est mort.

- Ah ! Il y a toujours là-bas l’ami de mon grand frère. Je me placerai sous sa garde.

- L’ami de ton grand frère est décédé lui aussi, coq. Tu ne descends pas?

- J’ai encore mes oncles maternels, j’irai chez eux. Ils m’accueilleront.

- Coq, je viens d’apprendre que le village de ta mère a été rasé. Il n’y a plus personne là-bas.

Le coq dit alors:
- C’est bon.

Il se jette en bas et vient se poser par terre en disant à l'hyène:

- Dans ce cas, mange-moi, hyène. Quand quelqu’un n’a plus de point d’appui sur terre à qui se confier, ni père, ni mère, ni oncle maternel, que peux-tu devenir sur la terre ? Mieux vaut la quitter. Mange-moi. J’irai chez Dieu, mon dernier espoir, c’est Dieu.

L'hyène regarde alors le ciel, puis la terre et dit pensivement:

- Ah! Comment manger celui qui n’a plus aucun appui? Si tu le fais, tu ne pourras pas avoir de place chez Dieu.

Dans sa crainte de Dieu l'hyène épargna le petit coq.

Encore maintenant, il reste encore l’une ou l’autre personne qui connaît Dieu. Quand elles voient des gens au cœur droit, elles leur montrent le chemin. Même aux gens mauvais, elles leur montrent le bon chemin.