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Author: Charles Bailleul - 2010

Translated into French
  by Charles Bailleul - 2010

Original title (Bambara):
Badenya

Country of origin: Mali

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Solidarité fraternelle

Charles Bailleul

Il était une fois un vieil homme. Il n'avait eu que deux enfants : une fille et un garçon. Une fois la fille partie au domicile conjugal, le fils s'en va contracter une dette chez un génie de la brousse, et lui promet, pour payer sa dette, de lui offrir en sacrifice un de ses enfants... (Il était convenu avec le djinn de le lui donner une fois circoncis)... Dieu, dans sa liberté toute puissante, ne lui accorda qu'un seul fils... Le fils parvient à l'âge de la circoncision.

Le chef de village réunit les chefs des grandes familles et leur dit : 'Voilà !Je compte organiser la circoncision cette année car l'étoile du matin est très brillante. Elle est favorable. Que chacun d'entre vous m'indique ceux qu'il veut y envoyer.' De retour à la maison, les cousins du papa, les aînés tout comme les cadets, conviennent que l'enfant a l'âge.. mais lui, pensant à sa promesse, se tait et reste assis. Après la réunion, quand ses cadets sont partis l'un après l'autre, il dit au chef de famille :

- Il faut enlever mon fils de la liste.
- Bon ! Tu aurais dû le dire en présence de tous les autres et non après leur départ. Mais, c'est réparable' lui dit l'aîné. On refait un petit palabre. Le papa dit à ses cadets :
- Rayons mon fils de la liste des futurs circoncis. Il n'en a pas encore la force. et chacun donne son accord.

À la circoncision suivante, même scénario. Les aînés et les cadets (chargés de l'éducation du neveu et des coutumes le concernant) disent alors :
- La troisième fois, si tu persistes à n'en faire qu'à ta tête, nous renoncerons à nous occuper de lui, tu te débrouilleras tout seul.

La troisième année, l'étoile de la circoncision étant de nouveau favorable, le chef de village réunit encore les chefs de famille et leur demande de lui faire savoir s'ils comptent envoyer quelqu'un. Le chef de famille retourne chez lui, réunit les siens et transmet la demande. Chacun dit que tel enfant est du nombre. Mais, le papa, lui, dit au chef de famille :
- Le mien n'est pas encore assez vigoureux pour être circoncis.
Il lui dit :
- C'est bien ! Mais ne compte plus sur nous, Occupe-toi de lui tout seul!

La grande soeur apprend la mésentente. Elle vient et dit à son jeune frère :
- Tu ne fais pas circoncire ton fils? Pour quelle raison ?
Il lui répond :
- Il est trop jeune pour mourir !... Après ton départ chez ton mari, j'ai contracté une dette chez un génie et lui ai promis, que, lorsque j'aurai des enfants, je lui en offrirai un en sacrifice pour payer ma dette. Or je n'ai pas eu d'autre fils que celui-là. Je veux le laisser incirconcis pour assouvir mon désir d'enfant. Voilà la raison : Il a trop peu vécu pour mourir.

Alors, (prise de pitié), elle lui dit :
- C'est donc ça ? Cela ne se passera pas ainsi ! Qu'on le circoncise !
La soeur se lève et dit aux aînés :
- Faites circoncire l'enfant maintenant ! Moi, j'ai deux fils, je lui en donne un pour payer sa dette.

La circoncision a lieu. La grande soeur prend alors un de ses fils et part le donner à son frère en lui disant :
- Pars le donner (au génie) en paiement de ta dette.
L'oncle interroge alors son neveu :
- Tu acceptes d'être offert en sacrifice ?
- Oui, tonton, dit le neveu
Il redemande alors à l'adolescent :
- Tu acceptes d'être sacrifié ?
- Oui ! répond-il

Le jour où les circoncis sortent de leur retraite, l'oncle emmène son neveu chez le génie de la brousse pour le lui offrir sans tarder.
- Voici, dit-il, (comme promis), le paiement de ma dette.
Le génie regarde bien l'enfant.
- C'est ton fils ? demande-t-il
- Oui' dit-il.
- C'est vraiment ton fils ?
- Oui, c'est mon fils.
-Ce n'est pas ton fils, c'est ton 'bèennikè', le fils de ta grande soeur.
Il demande alors à l'adolescent :
- Tu acceptes d'être sacrifié pour payer la dette de ton oncle?
- Oui ! répond-il.
- Tu acceptes vraiment d'être sacrifié ?
- Oui ! répond-il.
- Bon, attends-moi ! dit le génie.

Il entre alors dans sa maison et revient avec un gros bélier qu'il couche par terre.
- Tiens-lui les pattes ! dit-il, et il égorge le bélier. Cela fait, il le donne au garçonnet en lui disant :
- La dette de ton oncle est définitivement payée. Désormais, tant que durera ce monde, que la malédiction de la soeur, n'épargne pas son frère . Que l'oncle qui refuse de donner au fils de sa soeur le cou d'un animal sacrifĩé (bɛɛnninkan) , qu'il en subisse les conséquences .....! dit le génie, ..

J'ai remis ce vieux conte là où je l'ai trouvé....